DIEP

Dans cette technique, un lambeau de peau et de graisse est prélevé sur l’abdomen et suffit à restituer le volume et la forme du sein. L’intervention est plus longue et délicate que la reconstruction avec prothèse, mais ses résultats à long terme sont plus satisfaisants. J’opère à l’hôpital européen Georges-Pompidou au sein d’une équipe de chirurgiens formés à cette technique de microchirurgie.

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Résultats de la reconstruction mammaire par DIEP

Les résultats peuvent varier selon les patients

Généralités sur la reconstruction mammaire par DIEP

Le sein est reconstruit avec les tissus (graisse et peau) qui proviennent de l’abdomen de la patiente : le lambeau de DIEP (Deep Inferior Epigastric Perforator flap) est soigneusement détaché du ventre puis transféré à l’endroit du sein en raccordant ses vaisseaux à ceux de la région mammaire. Aucun muscle abdominal n’est lésé puisqu’on ne prélève que de la graisse et de la peau.

L’intervention implique une plastie abdominale – l’excédent de peau et de graisse du ventre est enlevé. L’avantage d’un sein reconstruit par DIEP est son aspect, sa consistance et sa souplesse très proches de ceux de l’autre sein, et son évolution dans le temps, également comparable à celle de l’autre sein, alors que la dissymétrie a tendance à s’aggraver avec une prothèse. Chez les femmes qui n’ont pas du tout de graisse abdominale, le prélèvement peut se faire sur les cuisses, juste sous la fesse (PAP ou Posterior Artery Perforator flap).

Pour en savoir plus, je vous invite à consulter le site de l’Association pour la Reconstruction du Sein par DIEP.

Indications de la reconstruction mammaire par DIEP

La décision dépend de plusieurs paramètres. Si le traitement du cancer comprend une radiothérapie, la pose d’une prothèse peut être déconseillée et un lambeau DIEP sera plus indiqué. Sont également pris en considération la morphologie de la patiente (présence d’excédent de peau et de graisse sur l’abdomen, ce qui est souvent le cas après plusieurs grossesses), sa capacité à supporter une intervention un peu longue, ses antécédents vasculaires (risque de thrombose), l’état de la peau de son ventre (antécédent de plastie abdominale)… Un tabagisme important ou l’obésité contre-indiquent le DIEP.

Par ailleurs, certaines patientes choisissent d’emblée cette technique car elles ne veulent pas de « corps étranger » dans leur corps.

Consultation et examens avant la reconstruction mammaire par DIEP

Durant la consultation, j’examine la patiente et envisage avec elle les différentes options possibles. Une fois la décision prise de réaliser un DIEP, je lui explique le déroulement de l’intervention, je lui montre des photos afin qu’elle se rende compte des résultats et je réponds à ses questions. Nous planifions l’intervention, parfois immédiatement après la mastectomie, plus souvent 6 mois après la fin des séances de radiothérapie. Le tabagisme étant un facteur de complication (nécrose des tissus), il faut arrêter de fumer au moins un mois avant l’intervention. Les anti-inflammatoires (dont l’aspirine) sont contre-indiqués dans les dix jours qui précèdent.

Un rendez-vous est organisé avec l’anesthésiste et plusieurs examens sont prescrits, dont le principal est l’angioscanner.

L’angioscanner

L’examen préparatoire essentiel est l’angioscanner qui permet de repérer les vaisseaux, issus de l’artère épigastrique inférieure profonde, qui irriguent la graisse et la peau à prélever (vaisseaux dits « perforants »). Le chirurgien peut ainsi sélectionner et localiser avant l’intervention l’artère perforante et ses veines qui permettront de « rebrancher » le lambeau sur les vaisseaux mammaires du thorax. L’appellation DIEP, Deep Inferior Epigastric Perforator, soit « artère perforante épigastrique inférieure », fait référence à cette technique microchirurgicale de vascularisation du lambeau avec un « perforant ».

Déroulement de la reconstruction mammaire par DIEP

L’intervention dure 3 à 4 heures selon sa complexité. Elle mobilise deux équipes de chirurgiens et personnels spécialisés, l’une chargée de prélever le lambeau, l’autre de préparer le site receveur. Les connexions (anastomoses) entre les vaisseaux de la région mammaire et ceux du lambeau sont réalisées sous microscope. Ensuite, le lambeau est modelé pour lui donner la forme d’un sein. Les sutures sont réalisées avec le plus grand soin sur l’abdomen et le thorax pour prévenir les complications et limiter le préjudice esthétique.

L’aréole et le mamelon sont reconstruits dans un deuxième temps, environ 6 mois après, en ambulatoire. Des gestes complémentaires (lipofilling) permettent d’améliorer le résultat et une opération sur l’autre sein (symétrisation des seins) est parfois réalisée.

Suites opératoires de la reconstruction mammaire par DIEP

Une surveillance étroite est nécessaire dans les jours qui suivent pour s’assurer de la bonne vascularisation du lambeau. Le retour au domicile se fait 4 ou 5 jours après, et l’arrêt maladie est de 3 semaines à 1 mois. L’activité physique est déconseillée pendant 6 semaines dans la mesure où elle mobilise le haut du corps, mais on peut très bien marcher. Pendant toute cette période, vous porterez une gaine compressive pour diminuer l’œdème (gonflement), protéger la suture et favoriser la cicatrisation des tissus de l’abdomen.

Les douleurs (abdomen, sein) sont bien soulagées par les antalgiques, et s’estompent en 3 semaines environ.

Complications possibles de la reconstruction mammaire par DIEP

Les complications communes à toute intervention lourde sont la phlébite et donc l’embolie pulmonaire, qui sont prévenues par la prise d’anticoagulants et le port de bas de contention.

La principale complication spécifique du DIEP est la thrombose des vaisseaux du lambeau (artère ou veine) : un ou plusieurs vaisseaux qui irriguent le lambeau se bouchent et il faut alors réopérer en urgence pour rétablir le flux sanguin et éviter une nécrose. En cas d’échec (environ 3% des DIEP), le lambeau doit être enlevé. Dans l’immense majorité des cas, cette complication survient dans les 3 jours qui suivent l’intervention. Il faut alors attendre quelques mois et recourir à un lambeau de grand dorsal, qui est notre plan B en reconstruction mammaire.

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Le secrétariat est ouvert du lundi au samedi de 8h à 20h : +33 1 47 27 44 31
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Questions fréquentes posées

Qu’est-ce que le S-GAP, le TUG et le PAP ?

Ce sont d’autres lambeaux qui permettent également de reconstruire un sein sans prothèse. Le S-GAP (Superior Gluteal Artery Perforator) est prélevé sur la fesse ; le TUG (Transverse Upper Gracilis) est prélevé à la face interne de cuisse en emportant un muscle ischio-jambier accessoire appelé gracilis ; le PAP (Posterior Artery Perforator) est une variante récente du TUG, sans prélèvement de muscle. Ces lambeaux représentent une alternative au DIEP, lorsque celui-ci est impossible soit parce que l’abdomen est trop mince, soit parce qu’il y a déjà des cicatrices sur le ventre ou que les vaisseaux épigastriques inférieurs ont été abîmés.

Peut on reconstruire deux seins dans le même temps ?

Oui, en divisant en deux le lambeau de DIEP. Le volume transféré aux seins est donc moins important, sauf si l’excédent abdominal est important. On complète habituellement la reconstruction lors de la deuxième intervention en injectant de la graisse prélevée sur les flancs et les hanches (lipofilling ou technique de Coleman). La double reconstruction par DIEP est une chirurgie plus longue (6 à 7 heures) que l’on n’envisage que dans des cas bien précis, une mastectomie prophylactique liée à une mutation génétique (BRCA 1 ou BRCA 2 positive), essentiellement.