Diagnostiquez la poitrine

La chirurgie esthétique des seins répond à trois demandes : les patientes trouvent leurs seins trop petits (hypotrophie mammaire), trop volumineux (hypertrophie mammaire) et/ou tombants (ptôse mammaire). Ces caractères peuvent être présents dès l’adolescence ou se développer au cours de la vie car la forme et le volume de la poitrine évoluent avec les grossesses, l’allaitement, les variations de poids et la ménopause. Des jeunes filles d’une vingtaine d’années viennent me voir parce qu’elles sont gênées par une poitrine trop généreuse ou, au contraire, parce qu’elles la trouvent trop petite, pas assez féminine. Leur décision peut être parfaitement réfléchie et fondée. Parfois, j’estime que le volume est bien proportionné, et je passe un peu de temps à discuter avec elles pour bien cerner leur motivation, éviter une intervention dictée par un effet de mode ou une insatisfaction corporelle injustifiée – fréquente à cet âge. Autour de 30-35 ans, les patientes souhaitent retrouver une jolie poitrine, pleine et maintenue, après leurs grossesses ; c’est l’indication la plus fréquente. Certaines femmes attendent la cinquantaine pour réduire et remonter une poitrine un peu lourde.

Dans chacune de ces situations, j’examine plusieurs paramètres pour définir le geste chirurgical qui donnera le meilleur résultat : la qualité de la peau qui peut s’être distendue avec l’âge, la présence éventuelle de vergetures, l’asymétrie de volume ou de forme (très fréquente mais dont les femmes n’ont généralement pas conscience), la position des mamelons, la distance entre les seins, la position du sillon sous-mammaire… Je m’assure également de l’absence de scoliose (qui peut être à l’origine d’une asymétrie des seins) et d’anomalie des côtes. Je demande également une échographie/mammographie avant l’intervention.

Les plasties mammaires sont des interventions esthétiques très fréquentes, elles améliorent d’emblée la silhouette et ont un impact souvent très positif sur le moral : en levant une insatisfaction voire un complexe touchant à leur féminité, beaucoup de femmes se sentent ensuite plus confiantes et à l’aise dans leur corps.

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Les indications

Le préjudice esthétique et fonctionnel (douleurs dorsales) peut être important lorsque la poitrine est trop généreuse. En général, il faut à la fois traiter l’excès de volume et l’affaissement. L’intervention est souvent pratiquée chez des jeunes filles.

L’augmentation de volume des seins implique le plus souvent la pose de prothèse. L’examen clinique permet de déterminer la technique la plus adaptée car chaque poitrine est différente.

Les seins ont tendance à tomber avec l’âge, quel que soit leur volume. L’intervention, qui peut être associée à une réduction ou à une augmentation, redonne du galbe et du maintien à la poitrine.

Questions fréquentes posées

Peut-on allaiter après une intervention esthétique sur les seins ?

La pose de prothèse ne gêne pas l’allaitement car l’implant est toujours placé derrière la glande mammaire. Dans le cas d’une réduction mammaire ou d’une cure de ptôse, je déplace l’aréole et le mamelon avec le tissu mammaire sous-jacent pour préserver la fonction d’allaitement. Par ailleurs, il est conseillé d’attendre 1 an pour envisager une grossesse car l’augmentation de volume des seins peut tendre les cicatrices.

Est-ce que la pose de prothèses augmente le risque de cancer du sein ?

Aucune corrélation n’a été trouvée entre le port de prothèses en silicone (celles que nous utilisons) et un risque accru de cancer du sein. Très rarement (173 cas dans le monde sur une période de 15 ans selon une étude américaine publiée en 2015), les prothèses mammaires peuvent être à l’origine d’un lymphome de type non-hodgkinien qui se développe au sein de la capsule qui entoure l’implant. Cette complication serait due à un phénomène d’inflammation chronique, plus fréquent avec les prothèses macro-texturées, et un terrain génétique prédisposé. Une surveillance régulière permet de détecter ce risque, qui reste extrêmement rare, et de traiter. Pour en savoir plus, voyez l’article que j’ai écrit à ce sujet dans l’onglet « Actualités ».

Est-ce que les mammographies de dépistage restent efficaces après une intervention sur les seins ?

Oui, y compris si l’on pose une prothèse. Le lipofilling associé à la pose de prothèse (méthode composite) peut perturber la lecture des mammographies, mais les radiologues savent désormais distinguer les micro-calcifications liées au lipofilling (en coquille d’œuf) de celles qui sont suspectes (en étoile). Avant l’intervention, je demande une mammographie, parfois une échographie, pour m’assurer de l’absence de tumeur. Je le fais également lors des examens annuels de contrôle prévus après la pose de prothèses.