Otoplastie (Chirurgie esthétique de l’oreille)

Je recherche toujours les techniques les moins invasives possibles : la méthode de correction des oreilles décollées par le clip Earfold en est un parfait exemple. J’ai également simplifié l’otoplastie classique avec des points de suture, en diminuant le décollement des tissus et en plaçant les points de sutures dans des endroits stratégiques, sans abimer le cartilage. Les suites sont moins douloureuses et le résultat est tout aussi satisfaisant.

Comment choisir la meilleure méthode pour corriger les oreilles décollées?

Le choix de la méthode chirurgicale – avec des points de suture ou avec des implants Earlfold – dépend du caractère anatomique qui donne l’aspect décollé. On distingue schématiquement trois cas de figure qui peuvent parfois s’associer.

  • – Le pli de l’anthélix (le Y au milieu de l’oreille) n’est pas assez marqué.
  • – le cartilage de la conque (le bol dans l’oreille) est trop grand (« hypertrophie de la conque »).
  • – le lobe de l’oreille est projeté vers l’avant.

Ces trois éléments peuvent se voir isolement ou être associés. Par exemple, on voit assez souvent chez les enfants une grande conque et une anthélix non pliée.

La technique Earfold consiste à introduire un petit clip de nitinol au niveau de l’anthelix, pour recréer le pli manquant et rabattre l’oreille vers l’arrière. Cette technique est très efficace dans les bonnes indications, mais elle est indiquée uniquement lorsque le décollement est dû à un défaut de plicature de l’anthélix. Dans les autres cas, notamment lorsque la conque est très grande, une chirurgie avec des points de suture est nécessaire.

Lors de la consultation, nous réalisons une simulation de correction avec l’implant, et l’on peut voir immédiatement si Earfold est une bonne technique dans ce cas précis. A titre indicatif, j’utilise l’implant chez environ 50 % des patients qui viennent me voir pour une otoplastie.

oreille décollées et anatomie de l'oreille

La prise en charge par la Sécurité sociale

L’otoplastie est prise en charge dans la mesure où elle entraîne « une gêne sociale importante » selon les termes de l’Assurance maladie. En pratique, le remboursement est systématique chez l’enfant, plus délicat à justifier chez l’adulte, surtout lorsque l’anomalie est mineure. Un dossier doit être constitué avec des photographies médicales, des mesures anatomiques, un courrier du médecin traitant ou d’un psychologue ou psychiatre explicitant le retentissement du décollement sur la vie sociale. Les implants Earfold eux-mêmes (le matériel), qu’ils soient destinés à des enfants ou à des adultes, ne sont pas remboursés à l’heure actuelle.

A l’issue de la consultation, un devis précis vous sera remis, comprenant tous les frais afférents à l’otoplastie (clinique, honoraires de l’anesthésiste et du chirurgien, coût du matériel si l’option Earlfold est choisie) afin que vous puissiez anticiper et interroger votre mutuelle si la Sécurité sociale accepte la prise en charge.

Une connaissance parfaite de l’oreille, des techniques moins invasives

Je me suis intéressé aux implants Earfold dès 2014 lors d’un congrès de l’European Association of Plastic Surgery ; à cette date, aucune étude sérieuse n’avait été publiée sur ce dispositif qui n’était disponible qu’en Angleterre. Deux ans après, avec plus de 1500 patients anglais traités avec succès, la méthode a fait ses preuves et constitue une véritable évolution dans la prise en charge des oreilles décollées. Je me suis formé auprès du Dr Norbert Kang, inventeur de ces implants. L’intervention est très rapide (environ 10 minutes), mais demande de l’adresse et une bonne connaissance de l’anatomie de l’oreille. Les résultats très positifs, pour une intervention légère, m’ont conduit à m’interroger sur la technique chirurgicale classique qui reste indiquée dans 50 % des cas. Si on analyse bien la demande de correction et qu’on la relie précisément au caractère anatomique qui donne un aspect décollé au pavillon, on peut dans la plupart des cas réduire le geste chirurgical à quelques incisions, sans décoller toute la peau de l’oreille comme on le voit parfois. Les suites opératoires sont infiniment plus simples pour un « rendu » tout aussi satisfaisant.

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